Le Sexe Sans ‘préjuger’

Si y a bien un sujet qui ma toujours passionnée c’est bien la sexualité.

D’abord parce que ma mère était sexologue mais aussi à cause de mon signe astrologique Scorpion et mon chemin de vie particulier. Pour personnes ouvertes d’esprit et ceux/celles qui veulent s’ouvrir aussi. Merci à tous.

Autant que j’ai souvent été conseiller naturel, on peut aussi dire que je suis recherchiste haha

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Sexe, handicap et pandémie – Radio-Canada

Si Christian met sa vie en danger, c’est parce qu’il veut vivre. Quand on est censé être mort depuis plus de 30 ans, accumuler des années sans en jouir pleinement n’a plus vraiment de sens. C’est pourquoi malgré la pandémie, il prend le risque de fréquenter Eden, une travailleuse du sexe spécialisée auprès des personnes handicapées.

TEXTE : JUSTINE DE L’ÉGLISE | ILLUSTRATIONS : SOPHIE LECLERC

PUBLIÉ LE 19 JUIN 2020

Christian n’aurait aucune chance face à la COVID-19. Si je l’attrape, c’est six pieds sous terre automatique, ou presque. Il s’interrompt le temps d’avaler une goulée d’air par son respirateur. À cause de mes poumons. Mes poumons sont zéro. Moindrement que ça va aux poumons, c’est final.

L’homme parle par vidéo, en direct de son appartement montréalais où il vit avec un préposé aux bénéficiaires. Il est en fauteuil roulant. Pour s’exprimer, il doit aspirer de l’air dans une machine environ toutes les deux phrases. Il souffre d’une mutation de la dystrophie musculaire de Duchenne, une maladie dégénérative qui aurait dû l’emporter à ses 18 ans. Il en a aujourd’hui 51.

Christian a commencé la pandémie par une période d’isolement, fidèle aux recommandations de la santé publique. Mais après plusieurs semaines, il a recontacté son accompagnatrice sexuelle. Car la perspective de passer une année ou deux de plus cloîtré à l’intérieur à ne rien faire du tout, ça ne vaut plus rien à ses yeux.

Je me suis dit : est-ce que ça me tente de vivre juste pour rajouter des années? Non, tranche-t-il, avant d’aspirer de l’air à nouveau. J’aime mieux vivre moins longtemps, mais faire quelque chose que j’aime régulièrement.

Et puis, il a estimé que pendant que tout le monde était confiné, c’était le moment le plus sécuritaire pour voir Eden, d’autant plus qu’ils ont d’abord convenu qu’il serait le seul client qu’elle verrait sur une base régulière. C’est un risque calculé. Je le prends.

Le sexe comme service essentiel

Eden a commencé le travail du sexe « classique » en 2015, en France, d’où elle est originaire. Après quelques mois, elle a été contactée par un client handicapé. Elle a accepté de le rencontrer et a tout de suite compris l’importance de l’accompagnement sexuel.

Je sentais vraiment qu’au lieu de juste rencontrer des gens pour écarter les jambes et avoir de l’argent, là, je faisais quelque chose qui avait aussi un bénéfice pour la personne, pour son bien-être. Puis c’est vraiment ça que je recherchais, finalement.

Elle a graduellement délaissé sa clientèle sans handicap, puis a interrompu ses activités lorsqu’elle a immigré au Québec, il y a quatre ans. Elle a repris du service l’an dernier, et presque uniquement auprès de personnes atteintes d’un handicap.

Assise au bord du fleuve, dans un tout petit parc au sud de Montréal, Eden explique qu’elle a appris son métier sur le tas et sait s’adapter aux besoins de chacun. Le client peut-il avoir une érection, une « relation complète » ? Dans tous les cas, elle offre également des caresses, du contact peau à peau, des embrassades.

La plupart des personnes handicapées qu’elle rencontre n’ont jamais eu de relations sexuelles avant de la rencontrer. Ce sont des hommes qui ont entre 25 et 60 ans, dont les besoins sur ce plan n’ont jamais été comblés.

Les seules personnes qui les ont touchés, c’est des infirmiers ou des préposés – avec des gants, et puis de manière médicale. Ils n’ont jamais connu le toucher, juste de passer la main sur le bras, en caresse. Et ça, ça leur change tout. Les réactions que je vois, juste avec des petits gestes comme ça, qui sont innés, habituels pour nous, alors qu’eux… ils n’ont pas droit à ça.

 Eden, accompagnatrice sexuelle

Elle explique que beaucoup d’entre eux vivent avec une honte intériorisée, alimentée par les regards de pitié et les préjugés que leurs handicaps suscitent. Avoir des contacts avec eux, la façon dont je les regarde, il y en a qui m’ont dit : “J’ai l’impression d’être un homme, et pas d’être un handicapé.” Parce que je les regarde différemment des autres personnes. C’est un regard d’échange. D’humain à humain. On est égaux.

La sexualité des personnes handicapées est un « grand tabou collectif », estime la psychologue Florence Vinit, également professeure au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal. Or, elle rappelle que le toucher et la sensualité sont fondamentaux chez tous les êtres humains.

Le fait de recevoir le toucher de quelqu’un, c’est une façon de ressentir son propre corps, ce qui peut être extrêmement apaisant, qui peut donner aussi du plaisir et confirmer quelque chose de notre vitalité, de notre existence. C’est un besoin qui me semble essentiel et profond, indique la psychologue.

Elle ajoute que les gens ont besoin d’un toucher affectif, de sentir qu’ils comptent, d’être reconnus dans les dimensions sexuelles et sensuelles de leur corps. Être privé d’un tel toucher peut créer un manque qui, une fois refoulé, peut éventuellement se traduire par de la colère, de la frustration, même des douleurs dans le corps. Sans compter le coût psychique d’un tel manque. Ça peut toucher aussi à toutes sortes de représentations de soi, donc donner l’impression qu’on n’en est pas dignes, qu’on n’y a pas droit, qu’on est exclus, affirme Florence Vinit. Ça peut diminuer l’estime de soi d’en être privés à long terme.

Et c’est justement là qu’Eden croit faire une différence : Eux-mêmes se dévalorisent beaucoup. Alors que moi, pas du tout. J’essaie de leur redonner de l’estime d’eux-mêmes, de la confiance.

Source : https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/925/travail-sexe-personnes-handicapees-coronavirus-covid19-pandemie?fbclid=IwAR1FGEwpir2Wkx2HO7lYZyCd80Lk1w5qnfPsAKQ4YM8xIHkLSCoME5-sCVU

Note : 1 sur 5.
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Elles payent pour du sexe

SILVIA GALIPEAU
LA PRESSE

Publié le 21 juillet 2018 à 8h00

Elles sont majeures, professionnelles, célibataires ou pas. Et pour toutes sortes de raisons, elles ont décidé de payer pour des caresses, de la tendresse et du sexe. Bref, pour jouir. Portrait d’un phénomène tabou, méconnu et, surtout, sous-estimé.

Pourquoi pas moi?

«Dans la vie, je donne, je donne. Là, c’est comme si je décidais non seulement de demander, mais de m’offrir quelque chose à moi.»

Catherine * a 52 ans. Mariée depuis 30 ans, mère de deux enfants, elle vient de se payer un «massage tantrique», orgasmes inclus. Elle a trouvé son «masseur» érotique dans une petite annonce sur internet.

Attablée dans un restaurant à déjeuner de la Rive-Sud, rouge comme une tomate, la coquette quinquagénaire confie qu’elle ne regrette rien. Au contraire. Elle compte même y retourner, pour s’abandonner à nouveau à un total étranger. Revivre cet «abandon» sans «relation»: «J’avais l’impression d’être en vie, allumée. Ça, ça me manque énormément…»

Parce qu’avec son mari, enchaîne-t-elle, ça n’a jamais été «ça». Une agression sexuelle à l’adolescence lui aurait « jammé la machine », croit-elle. En 30 ans de vie commune avec le père de ses enfants, le sexe avec lui ne l’a d’ailleurs jamais fait «triper». Le massage érotique? À cette question, ses yeux se remplissent de larmes.

«C’est comme si j’avais été chercher quelque chose de vital. […] Mais c’est clair que si j’avais tout ce dont j’ai besoin dans ma relation, je n’aurais pas besoin d’aller là…»

Tabou, le phénomène des femmes qui se payent des services sexuels commence tranquillement à faire jaser, notamment depuis la diffusion de la téléréalité américaine Gigolos, laquelle a mis en scène, pendant pas moins de six saisons, des hommes, hétéros, escortes de l’agence Cowboys for Angels, avec leurs nombreuses clientes. Au Royaume-Uni, le Sun rapporte que l’agence d’escortes pour femmes gentlemen4hire.com, la toute première du genre, fondée il y a 10 ans, reçoit aujourd’hui pas moins de 1000 visites par jour. À Montréal, les petites annonces destinées aux femmes uniquement existent, mais demeurent marginales.

Témoignages de clientes

De manière générale, les clientes ne se vantent d’ailleurs pas. Elles restent dans l’ombre. Entre autres parce que l’achat de services sexuels est illégal au Canada, mais aussi de peur d’être jugées.

Au fil du temps, nous avons néanmoins récolté quelques témoignages, qui ont été racontés dans le cadre de la rubrique Derrière la porte. D’abord, il y a eu Jocelyne, une femme dans la quarantaine qui se payait une escorte (une femme cette fois), question d’assouvir un «fantasme» et de ne pas «passer à côté de ça».

Puis, Hélène, jeune cinquantaine, qui nous a raconté avoir eu recours à un «masseur», en apprenant que son mari se payait des escortes à son insu. «Je voulais essayer ça, moi aussi: tu payes, puis tu as du sexe.» Et finalement Sophie, 50 ans, rencontrée cet hiver: «À un point dans ma vie, je me suis dit: that’s it, j’engage un straight male escort.» Pourquoi? Parce qu’elle en a les moyens, que les sites de rencontres sont énergivores, qu’elle n’a «jamais pogné» dans les bars et que les jouets, ça manque de «chaleur», nous a-t-elle expliqué. Et puis parce qu’elle a des besoins physiques à combler, surtout.

L’avis de l’escorte

Maxime Durocher a 44 ans. Il est l’un des rares hommes à s’afficher ouvertement comme escorte à Montréal.

Il milite aussi activement pour la reconnaissance des droits des travailleurs du sexe. C’est lui qui a «ouvert» le marché ici en 2011, croit-il. D’après lui, le phénomène serait encore embryonnaire au Québec. Une poignée de femmes seulement s’offriraient de tels services.

«C’est un service entre deux personnes consentantes.»

Sur son site, il offre aussi des «services» précis: «câlins», «intimité» ou «kink». Le tout suit généralement une sortie (resto ou autre) pour environ 300 $ l’heure. Qui sont ses clientes? Des femmes de 35 à 65 ans avec de l’argent, pour la plupart des «régulières» avec un «besoin», dit-il. «Elles sont seules, ou veulent s’offrir un cadeau, explorer ou reprendre contact avec leur sexualité.»

Dans la culture populaire, le personnage d’une femme cliente a été très «peu vu», signale la féministe Martine Delvaux. Hormis Miss Sloane, thriller politique de 2016, dit-elle. «Ça sert le portrait d’une femme autoritaire, de carrière, dans la représentation populaire, je crois.»

Mais Maxime Durocher rejette ce stéréotype. Il est très difficile de tracer un portrait type, fait-il valoir. Tout comme celui des hommes clients d’escortes, d’ailleurs. Chaque client, homme ou femme, a ses motivations. «Les hommes, eux aussi, vont chercher de la compagnie. On est tous des êtres humains. Et on va chercher une chaleur humaine.»

Et c’est aussi comment Catherine perçoit la chose. «J’ai payé pour aller chercher quelque chose qui me manquait, conclut-elle. Parce que c’est un besoin vital. […] Oui, je le recommanderais. Parce que c’est une façon sécuritaire et respectueuse d’obtenir quelque chose qui nous manque.»

* Les prénoms des femmes qui ont accepté de se confier à nous sont fictifs, pour protéger leur anonymat. Rappelons que l’achat de services sexuels est illégal au Canada.

Ce que dit la loi

D’après la Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation, l’achat de services sexuels est une infraction au Canada. «La loi n’est pas différente que ce soit un homme ou une femme», précise Michel Bourque, commandant au module Exploitation sexuelle du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Cela dit, des femmes, criminalisées à titre de clientes, «on n’en a pas souvent», ajoute le commandant, qui n’en a «personnellement» jamais vu. De son côté, l’escorte ou le «masseur» n’est pas non plus ciblé. «Il y a immunité pour toute personne qui offre ses propres services ou en fait la publicité, précise-t-il. Nous, ce sur quoi on enquête, c’est l’exploitation sexuelle.»

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Maxime Durocher a 44 ans. Il est l’un des rares hommes à s’afficher ouvertement comme escorte à Montréal.

Une clientèle méconnue

Le sujet est méconnu et le phénomène, sous-estimé. Pourtant, les femmes qui payent pour du sexe existent, consomment et, de plus en plus, témoignent. Une chercheuse britannique a enquêté. Entrevue.

«L’hypothèse dominante, c’est de toujours considérer les hommes comme les clients, les femmes comme les travailleuses. Or moi, je conteste cette hypothèse dominante.»

Professeure de criminologie à l’Université de Lancaster, au Royaume-Uni, Sarah Kingston a dirigé l’une des rares enquêtes sur le phénomène des femmes qui s’offrent des escortes, que ce soit pour les accompagner plus ou moins chastement à une soirée ou pour passer une demi-heure de bonheur.

Elle publiera prochainement un article dans la revue scientifique Sexuality, ainsi qu’un livre chez Routledge: Women Who Buy Sex: Intimacy, Companionship, and Pleasure (Les femmes qui payent pour du sexe: Intimité, compagnonnage et plaisir).

D’après une collecte de données qui s’est étirée sur plusieurs années, le nombre de profils d’escortes masculines en ligne au Royaume-Uni aurait explosé. De 2010 à 2015, il aurait triplé, passant de 5000 à 15 000. «La clientèle est donc là!», dit celle qui se bute toutefois à un stéréotype «culturel» tenace et surtout hétéronormatif (tant dans l’imaginaire populaire qu’en recherche) selon lequel c’est, d’un côté, toujours la femme qui vend les services sexuels et, de l’autre, toujours l’homme qui les achète.

«Nous avons été socialisés culturellement à voir les hommes comme des prédateurs, proactifs sexuellement, avec des moeurs plus légères. Mais ça commence à changer.»

Tranquillement, la chercheuse dit voir apparaître une forme de «reconnaissance» du fait que les femmes, elles aussi, peuvent être proactives en matière de plaisirs et de désirs. En témoigne, notamment, l’apparition de boutiques érotiques ciblant directement les femmes, offrant des jouets exclusivement voués au plaisir féminin, et ce, dans toutes les grandes artères du pays. «Dans une société prude comme la nôtre [le Royaume-Uni], dit-elle, c’est un énorme bouleversement.»

Évidemment, si cette clientèle existe, c’est qu’elle en a les moyens. Or, d’après elle, le phénomène serait loin d’être nouveau. De tout temps, au Royaume-Uni, certaines femmes ont eu une forme ou une autre de pouvoir économique, dit-elle. «On peut penser à l’époque victorienne, où des femmes, dans la société, avaient beaucoup de pouvoir.» Si elles étaient jadis plus subtiles (offrant des cadeaux ou payant des repas à leurs compagnons potentiels, par exemple), ce qui est inusité, depuis l’apparition des petites annonces sur l’internet, notamment, c’est l’aspect «explicite, direct et intentionnel» de la chose.

Une culture de la consommation

Dans le cadre de ses recherches, Sarah Kingston a interrogé 12 «clientes». Qui sont-elles? Des femmes «tout à fait ordinaires», souvent aisées, certaines s’offrant une escorte par année, d’autres des services plus réguliers.

Ce qu’elles cherchent? De tout: certaines ne veulent que du sexe («c’est tout ce qu’elles veulent»), d’autres cherchent une «boyfriend experience», ou encore un homme avec des «attributs particuliers», ou pourquoi pas une «expérience éducative», en solo ou en couple.

Pourquoi ne vont-elles pas tout simplement dans un bar, ou sur un site de rencontre? Faute de temps et d’énergie, résume la chercheuse, par souci de discrétion (si elles sont mariées), et puis parce que c’est tout simplement beaucoup plus simple et surtout plus sûr.

«Elles peuvent avoir ce qu’elles veulent, quand elles le veulent, dans un contexte délimité.»

Une «consommation» qui ressemble à bien des égards à celle des hommes, fait-elle d’ailleurs valoir. «Hommes et femmes, nous vivons dans une culture très similaire: une culture de la consommation. On cherche des trucs spécifiques, des gens précis, des relations particulières.»

Ce qui est particulier, c’est que les travailleurs du sexe (elle en a interrogé 38), eux, voient la clientèle féminine comme plutôt différente («plus sensuelle, passionnée»). «C’est intéressant, mais on peut se poser la question: est-ce une vraie différence ou une simple perception? Ou alors, est-ce que les clientes ont été socialisées différemment pour agir ainsi? Ça mérite d’être discuté.»

Encore une fois, ces femmes ne voudraient-elles pas une «vraie» relation? Certaines, en effet, disent que oui. «Mais encore une fois: est-ce une attente dictée par notre socialisation? Peut-être assiste-t-on au contraire à une évolution des attentes des femmes en relation?»

Quoi qu’il en soit, Sarah Kingston note que les femmes qu’elle a rencontrées se sentent toutes «libérées, et surtout libres de faire ce qu’elles veulent», dit-elle. Comme les hommes? Non: «Sans se conformer aux normes des hommes», nuance-t-elle.

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L’avis de sexologues

Trois sexologues analysent pour nous le phénomène.

Renée Lanctôt, sexologue et coach sexuelle à Vancouver

«Moi, je le recommande!»

«Définitivement», dit celle qui n’a pas peur de choquer. Parce qu’elles sont trop occupées, n’arrivent pas à trouver de partenaire, parce qu’elles ont des difficultés en matière de socialisation, ont peu d’amis, sont handicapées… Les raisons d’avoir recours à de tels «services» ne manquent pas, commente la coach sexuelle, qui réclame aussi la légalisation du plus vieux métier du monde. «Il y a des gens qui ont un manque extrême de connexion. Pour ces personnes-là, à cent milles à l’heure, c’est un besoin, et elles devraient avoir accès à quelque chose.» Et les autres? Renée Lanctôt se félicite de voir de plus en plus les femmes prendre ici «leur sexualité en main». «Pourquoi pas, si ça les fait se sentir bien?» Un seul conseil, pour conclure: «Ne tombez pas en amour! Surtout pas. Mais si vous avez un besoin corporel, pourquoi pas? C’est un problème que vous pouvez régler avec de l’argent!»

Pascale Robitaille, sexologue clinicienne, spécialiste des travailleuses du sexe

«Un service qui peut combler des besoins […], comme chez les hommes.»

La clinicienne voit souvent des clients, mais à ce jour jamais de clientes, de l’industrie du sexe. «Mais j’entends des histoires», dit celle qui côtoie professionnellement plusieurs escortes. D’après elle, des femmes peuvent avoir recours à une escorte (femme) pour «clarifier leur orientation sexuelle, essayer de nouvelles pratiques, explorer ou échanger». Selon Pascale Robitaille, cette clientèle est aussi «sous-estimée» et certainement en croissance, notamment à cause de la visibilité plus positive des travailleuses du sexe dans les médias, depuis quelques années. Non, elles ne sont pas toutes droguées ou «pimpées», «plusieurs sont des travailleuses indépendantes», dit-elle. Si ça n’est «pas pour tout le monde», notamment si, moralement, votre conscience s’y oppose, le recours à une escorte peut «combler des besoins affectifs et personnels», exactement comme ce qu’on observe chez les hommes, avance la sexologue. On assiste d’ailleurs peut-être ici à une petite «évolution culturelle».

Vincent Quesnel, sexologue clinicien et psychothérapeute

«Ça ne fait pas partie de mon approche.»

Non, Vincent Quesnel ne recommandera jamais à une femme de payer pour des services sexuels. «Je vais toujours privilégier une démarche où la femme va procéder de façon autre qu’utilitaire pour arriver à combler ses besoins relationnels», dit-il. Tout comme pour un homme, faut-il préciser. Reste que «c’est un choix». Et qu’il n’est pas non plus «contre». «Les hommes, de tous les temps, l’ont fait, je ne vois pas pourquoi les femmes ne se le permettraient pas!» Les femmes risquent en prime bien moins de se faire juger que les hommes, croit-il (parce qu’on ne les accusera jamais «d’exploiter ces hommes-là…»). Il croit d’ailleurs que le phénomène témoigne d’un «changement culturel» en matière de «besoins sexuels et affectifs». «Les femmes sont de plus en plus indépendantes, et en vieillissant, peut-être que leurs besoins sexuels ne sont pas toujours remplis par les hommes de leur âge. Un service d’escorte permet d’assurer un certain plaisir qu’elles n’ont peut-être jamais eu de leur vie!» Dans la littérature scientifique, poursuit-il, le fantasme de l’homme pour la putain est très bien documenté. Peut-être y aurait-il aussi un fantasme de la femme pour l’homme «prêt à tout faire»?

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Confidences d’un gigolo

Il s’appelle Benoît. Il a 46 ans. De beaux yeux clairs. Un sourire doux. Et dans la vie, depuis deux ans, il fait des caresses.

Il dit qu’il donne de la «tendresse», mais dans les faits, il donne surtout de la jouissance. Sa mission: réveiller les sens de celles qui les ont éteints. Pour femmes seulement.

Sur son site internet, aucune ambiguïté: «détente», «excitation», «surprise sensorielle» sont au menu. «C’est un massage sensuel où tout le corps peut être massé», «personnalisé, qui s’adapte à vos besoins et désirs», avec «sélection des parties du corps à privilégier ou à bannir».

Son «marché cible»: les femmes qui n’ont pas été touchées depuis plus d’un an, dit-il, rencontré dernièrement autour d’un chocolat chaud, dans un restaurant de la Place Versailles. Dans un monde idéal, il offrirait ses services aux femmes battues, pourquoi pas aux mères seules, aux personnes handicapées physiques ou mentales. «Je serais game! À la base, tout le monde a droit à des caresses et à de la tendresse!»

À l’inverse, il ne veut rien savoir des femmes mariées qui cherchent à mettre un peu de piquant dans leur couple. «C’est zéro ça, le but! insiste-t-il. Je ne veux pas être le nouveau vibrateur du mois.»

Benoît a accepté de nous rencontrer pour nous parler de son «sideline» (il a un autre emploi, comme travailleur autonome), mais il ne veut surtout pas qu’on écrive son nom de famille. «Mes parents vont à la messe tous les dimanches!» Ses amis sont persuadés qu’il est «pervers», et disent de lui qu’il est un «gigolo». Pervers, non, mais gigolo, peut-être («oui, un peu»), dit-il en souriant, tout en maintenant qu’il a néanmoins ici une «mission». 

«Je fais du bien au corps et à l’âme!»

Techniquement, ses clientes (plus d’une centaine depuis qu’il a commencé, âgées de 40 à 65 ans, principalement) prennent donc rendez-vous (pour 60, 90 ou 120 minutes), se couchent nues sur une table et se font «masser» ou caresser doucement, selon les zones entendues. Il se défend ici de les masturber. «C’est plus doux. Il n’y a pas de va-et-vient.»

Entre lui et une masseuse érotique, il y a un monde, croit-il aussi. «L’homme veut venir. La femme, ce n’est pas ça le but. Elles veulent être touchées, caressées. C’est une méchante différence.»

L’argent est pour lui une habile barrière, qui empêche aussi qu’il y ait attachement. Il ne cache pas avoir sauté la clôture et couché quelques «rares» fois avec des clientes, mais toujours hors du lieu de travail. Et toujours sans lendemain, précise-t-il.

Si la vague #metoo l’a interpellé? Tout à fait, dit-il. Mais il n’a aucune crainte de son côté. «Ça se fait à 800 % dans le respect.»

Il ne se considère d’ailleurs pas comme un «travailleur du sexe», mais trouve que son travail devrait être légal. Parce qu’il n’y a pas de proxénète ni aucune exploitation dans le décor, et surtout parce qu’à quelques détails près, il fait un travail de massothérapie. «Un massage, c’est légal, mais si on touche les seins, c’est illégal?»

Et maintenant, la grande question: comment et surtout pourquoi devient-on ainsi «masseur» dans la vie? Benoît nous explique en toute franchise qu’il est célibataire, qu’il attend le grand amour, et que la minute où il va le rencontrer, il va cesser ses activités. Mais en attendant, comme il a toujours beaucoup aimé «donner», il a trouvé ce moyen de «combler son besoin». Lucide, il éclate de rire: «Non, ça n’a pas de bon sens, je suis payé pour faire ça!»

Source : https://www.lapresse.ca/vivre/sexualite/201807/20/01-5190263-elles-payent-pour-du-sexe.php?fbclid=IwAR3FFUkMd0xpILOojC3bdTVifgi-QvDef2sPmyIPf9jkKdjsa1s4st4GnNg

Note : 1 sur 5.
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Le massage tantrique pour réveiller le désir : ça marche ?

Le 14 novembre 2018 à 9h43

Libido en berne ? Testez le massage tantrique : cette pratique millénaire réveille le désir et ouvre la voie à une sexualité apaisée…

Le tantrisme ne date pas d’hier : utilisée depuis (au moins) 7000 ans en Inde, cette discipline ancestrale puise ses racines dans l’hindouisme, le bouddhisme et le taoïsme.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le massage tantrique n’est pas – à l’origine – une pratique sexuelle. Il s’agit plutôt de manipulations qui visent à harmoniser les énergies, à reconnecter l’esprit et le corps, et à supprimer les blocages… notamment sexuels ! Il est ainsi recommandé en cas de baisse de libido (fréquentes chez les femmes après la ménopause), de troubles de l’érection (lorsqu’ils sont ponctuels) ou encore de difficultés à atteindre l’orgasme. Grâce au massage tantrique, la sexualité s’apaise et redevient naturelle…

S’il peut être employé comme comme un « préliminaire spirituel », le massage tantrique relève toutefois davantage de la sensualité (puisqu’il réveille les sens et le désir) que de la sexualité (il ne s’agit pas de masturbation).

Le massage tantrique, en pratique

Lorsqu’il est réalisé par un(e) professionnel(le), il s’effectue le plus souvent sur un matelas posé au sol dans un cadre propice à la relaxation – les lumières, par exemple, sont tamisées. La personne massée est nue ; les mouvements du masseur sont très lents et, le plus souvent, il s’agit d’effleurements.

« Cela peut paraître paradoxal, reconnaît Jacques Ferber, auteur de L’Amant tantrique, (éd. Le Souffle d’Or). Pourtant, dans ce massage, moins on en fait, plus il a d’effets car on masse non seulement le corps physique mais aussi le corps « énergétique » (celui qui est stimulé par un acupuncteur par exemple). Et pour cela, il est important que les gestes soient subtils et que le contact des mains soit fait en conscience. »

Les mains passent sur toutes les parties du corps (y compris les organes génitaux qui sont massés comme n’importe quel autre organe). Le massage dure environ 1 heure 30 et peut se pratiquer en solo ou en couple. Le masseur peut parfois utiliser des huiles essentielles : le bois de santal et l’ylang-ylang sont, traditionnellement, des parfums aphrodisiaques…

⋙ Comment exciter un homme à tous les coups ?

Comment trouver un praticien ?

Malheureusement, aucun diplôme officiel ne consacre la discipline. Toutefois, certaines formations sont reconnues dans le milieu et des annuaires recensent des praticiens de confiance (comme Tantra Intégral).

Tantrisme : 3 massages à essayer

Enduisez vos mains d’huile de massage et, à genoux à côté de la tête de votre partenaire (qui est couché sur le dos), faites lentement glisser vos mains le long de son buste, jusqu’à ses cuisses en croisant les mains au niveau de son sexe, avec un mouvement lent et doux. Ensuite, remontez en suivant la ligne des flancs, jusqu’aux épaules. Attention à ne pas accélérer le mouvement au niveau du pénis, qui doit être massé avec la même intention que le reste du corps !

  • À genoux entre les cuisses huilées de votre partenaire (qui est couché sur le dos, les jambes écartées), remontez lentement le long de ses jambes en effleurant son corps du bout des doigts. Dans la même position et pendant environ 30 secondes, posez une main sur le chakra du cœur (au milieu de la poitrine), et une autre sur le sexe (sans intention sexuelle !). Regardez votre partenaire dans les yeux.
  • Enduisez votre corps d’huile de massage et, assise à côté de votre partenaire couché sur le ventre, posez vos deux mains bien à plat sur ses omoplates. Faites glisser celles-ci jusqu’à ses fesses, lentement et en exerçant une pression significative. Faites une pause de quelques secondes et recommencez le mouvement avec vos avant-bras. Une deuxième pause, et recommencez cette fois avec tout votre corps – d’abord la poitrine, puis le ventre…

« L’important dans le massage tantrique, c’est la connexion : le masseur et le massé se regardent souvent dans les yeux, pour créer un lien profond où l’amour et la reconnaissance de l’autre se rencontrent. On parle souvent d’une danse des âmes pour décrire ce lien profond que le massage procure », explique Jacques Ferber.

Merci à Jacques Ferber, auteur de L’amant tantrique (éd. Le Souffle d’Or).

Source : https://www.femmeactuelle.fr/amour/sexo/le-massage-tantrique-pour-reveiller-le-desir-ca-marche-35617

Note : 1 sur 5.
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Profession assistant sexuel

Mickaël est assistant sexuel, Peggy vit en fauteuil. En s’offrant ses services, en France, elle risque d’être poursuivie en justice.

Mickaël est assistant sexuel, Peggy vit en fauteuil. En s’offrant ses services, en France, elle risque d’être poursuivie en justice.

Note : 1 sur 5.

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Publié par Jonathan P.

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